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Roulette russe RACONTER LA RUSSIE... En ce qui me concerne, je me sens honorée de pouvoir vous adresser la parole. Ma tâche est modeste, mais en même temps complexe : vous raconter la Russie d’aujourd’hui, la Russie en pleine mutation. Pour le meilleur ou pour le pire ? Allez savoir ! Si vous vous mettez à chercher la réponse dans la presse russe, vous serez vite déroutés par la diversité de points de vue sur son actualité. On a beau déclarer que Poutine a muselé les médias : le pluralisme est toujours (ou encore ?) là. Des journaux de droite (« Kommersant » ou « Bourjouaznï journal ») en passant par la presse proprésidentielle (« Rossia ») jusqu’aux quotidiens communistes et national–bolcheviques (dont « Limonka » qui veut dire « une grenade » et évoque le nom d’Édouard Limonov, écrivain subversif et chef du parti),allez, choisissez celui qui vous chante le mieux ! Cet engouement pour le mot écrit ou imprimé vient encore des temps soviétiques dont l’un des mérites incontestables fut l’alphabétisation universelle. Ayant appris à lire, les plus doués se sont mis à écrire. On ne peut pas les arrêter depuis ! Des centaines de maisons d’édition publient des livres à profusion et les librairies fonctionnent à pleine capacité. En plus, il y a eu Internet. Une quantité de sites, créés par des auteurs de poèmes, d’essais, de romans ont vu le jour. Il y a quelque temps, l’un des meilleurs spécialistes francophones de la littérature russe Georges Nivat affirmait que l’Internet russe serait le plus généreux au monde. En effet, vous pouvez y trouver les sources des premiers documents épiques du XIe siècle aux tout récents romans postmodernistes. Naturellement, ce sont les jeunes qui y mènent la musique et c’est à eux que le cyberespace (et l’avenir !) appartient. La lecture de ces lignes pourrait vous laisser incrédules : mais qu’est-ce qu’elle raconte celle-là, alors que nous sommes habitués à voir à la télé des images de tout autre nature : villages abandonnés, orphelinats misérables, « dessoûloirs » glauques ? Mais ça aussi, hélas ! c’est la Russie. Et le paradoxe, c’est que ces nombreux contrastes cohabitent. Comment ça ? Depuis des siècles les meilleurs écrivains russes se posaient la même question. Parmi eux, Léon Tolstoï qui, par son œuvre puissante, condamnait la guerre, la peine de mort et l’exploitation du travail d’autrui. C’est bien lui qui a mis en exergue de son roman le mot « mir », nous rappelant que « le monde » et « la paix » doivent devenir synonymes. > Lire les commentaires sur cet article
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