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Notre Afrique

L’AFRIQUE SE BRANCHE
par Lucie Pagé

Si on avait à représenter l'Afrique avec une seule image (sachant que la moitié de la population de l'Afrique subsaharienne vit avec moins de un dollar par jour), elle pourrait être la suivante : une femme transportant un seau d'eau sur la tête, une binette à la main, et un bébé sur le dos. Cette image, c'est le pilier de l'Afrique. En Afrique, comme dans tous les pays en voie de développement, c'est la femme qui travaille la terre, qui nourrit et élève l'être humain. Sans elle, l'Afrique s'effondre.

Aujourd'hui, en 2006, il faut ajouter un détail à cette image : le téléphone cellulaire à la main de cette femme. Le continent africain a connu la plus forte croissance en matière de télécommunications sans fil au monde : sept des dix téléphones en Afrique sont des cellulaires. Il y a eu plus de téléphones cellulaires mis sur le marché en 2000 que de lignes terrestres installées durant le dernier siècle ! En 1999, il y avait 7,5 millions d'abonnés cellulaires en Afrique (sur une population d'environ 850 millions). En 2005, plus de 80 millions d'Africains avaient un cellulaire !

Un discours qu'on entend encore trop souvent c'est que l'Afrique a besoin avant tout de nourriture, de vêtements, de logements, d'écoles et d'hôpitaux ; que la technologie est un luxe. Serait-il imaginable pour nous de continuer (nous étant les pays développés) à fonctionner, à faire rouler nos entreprises, nos vies ! sans un téléphone, un cellulaire, un télécopieur, l'Internet, un BlackBerry, un téléavertisseur, et quoi d'autre encore ? C'est pourtant ce à quoi certains s'attendent de l'Afrique. C'est en développant la technologie et en investissant dans les télécommunications que l'Afrique pourra faire partie du courant de la mondialisation, se développer, prospérer. L'accès local à Internet est maintenant disponible dans chacune des grandes villes des 54 pays et territoires du continent africain. Et si 24 pays en Afrique subsaharienne ont connu des croissances de plus de 5 % en 2003, ce n'est pas étranger au fait que la population a de plus en plus accès aux nouvelles technologies.

L'Afrique du Sud est le pays le plus branché du continent. Sur une population de 45 millions*, il y a 4,8 millions de lignes téléphoniques terrestres. Mais seulement 18 % des Noirs ont accès à la téléphonie fixe. Par contre, la moitié de la population a un téléphone cellulaire et les trois quarts des Noirs ont accès à un téléphone à moins de 30 minutes de marche. Même les cabines téléphoniques publiques fonctionnent avec la technologie cellulaire.

*Population d'Afrique du Sud : Noirs : 79 % ; Blancs : 9,6 % ; Métis : 8,9 % ; Indiens : 2,5 %.

La technologie, surtout en Afrique, permet l'accès à l'information. L'accès à l'information, c'est l'accès au savoir et on sait que le savoir c'est le pouvoir. La technologie permet de changer la façon dont la vie est gérée. Par exemple, le E-Government permet au citoyen d'interagir avec différents services et départements gouvernementaux. La télémédecine permet l'accès à des soins de santé qui, autrement, n'existent pas. La télééducation règle, entre autres, les problèmes de transport ou de garderie. Les télécentres permettent l'accès aux ordinateurs, téléphones et tous les autres services qu'offrent les nouvelles technologies de l'information.

La mondialisation ne peut pas se faire sans la technologie. La mondialisation ne peut pas se faire sans l'Afrique. Les nouvelles technologies de l’information doivent être le moteur du développement en Afrique. Soixante-dix pour cent de la population africaine a moins de 20 ans. Cette formidable masse de jeunes doit impérativement s'appuyer sur les nouvelles technologies pour joindre le courant mondial.

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