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Tant qu'il y a de la vie, il y a du sport Bob Gainey au banc des accusés Depuis le début de la saison, plusieurs joueurs, dont José Théodore et Mike Ribeiro, ont fait les frais de sévères coups de fouet, souvent justifiés. Le temps était néanmoins venu pour les journalistes de s’attaquer à une prise de choix, soit quelqu’un ayant le dos un peu plus large et un seuil de tolérance à la douleur beaucoup plus élevé. Le directeur général Bob Gainey était tout désigné pour être le prochain à porter sa croix. Malheureusement, les journalistes n’ont pu se farcir l’entraîneur Claude Julien puisque Bob Gainey, encore lui, ne leur en a pas donné l’opportunité en le congédiant sans crier gare. Vendredi dernier, alors que les Canadiens étaient au plus creux de la vague, deux animateurs en herbe à Bonsoir les sportifs, émission diffusée sur les ondes de CKAC, ont cru bon de demander à leurs auditeurs de noter sur 10 le travail effectué par Bob Gainey depuis sa nomination à titre de directeur général en juillet 2003. À la fin de l’émission, lorsqu’il fut temps de faire la moyenne des notes attribuées, celle de Gainey se situait bien en deçà du seuil de la respectabilité. Il ne fallait pas s’étonner de pareil résultat compte tenu du fait que les auditeurs se servent des lignes ouvertes pour soulager leur frustration. Dans la section des sports de La Presse du dimanche 29 janvier, le journaliste Jean-François Bégin ne s’est pas gêné pour adresser des reproches au directeur général des Canadiens. Dans sa lettre ouverte à Bob Gainey, intitulée Où sont passés les bras meurtris ?, Bégin relate le congédiement de Claude Julien, qui n’a rien changé à la situation, et précise qu’il est maintenant temps pour Gainey de siéger au banc des accusés. Le principal crime dont Bégin l’accuse est celui d’être incapable d’insuffler à son équipe une quelconque passion. En intitulant sa chronique Où sont passés les bras meurtris ?, Jean-François Bégin reprend le même discours que tiennent les anciens journalistes affectés à la couverture de l’équipe à l’époque faste de la fin des années 1970. Selon ce discours, les joueurs et la direction en place ne rendent pas justice à la grande tradition des Canadiens de Montréal. Le journaliste nous replonge ainsi dans un passé glorieux et réconfortant. Il est maintenant temps de ramener les gens à la réalité et de cesser de nourrir leur nostalgie. La réalité, c’est que lors de la première année de Gainey comme directeur gérant en 2003-04, l’équipe a amassé 93 points et s’est classée au septième rang de l’association de l’Est. Cette récolte représentait une amélioration de 16 points comparativement à l’année précédente, et le plus haut total obtenu par les Canadiens au cours des 10 dernières années. Malgré une première moitié de saison 2005-06 laborieuse, le Canadien est au plus fort de la lutte pour l’obtention d’une place dans les séries éliminatoires. Après 49 parties, le Tricolore occupe la huitième position dans l’association de l’Est avec 52 points. De plus, personne ne mentionne que Gainey doit composer avec une équipe dont la majorité des joueurs faisait déjà partie de l’équipe avant son arrivée en poste. À quoi bon fouiller davantage pour expliquer les insuccès des Canadiens quand il est tellement plus facile de dresser une liste de coupables ? Ce n’est tout de même pas Gainey qui s’est départi de plusieurs bons éléments, notamment Roy, Damphousse, Turgeon, Desjardins, Leclair et Chelios, au cours des dernières années. Plusieurs d’entre eux ont été forcés de quitter parce qu’ils ne trouvaient plus grâce aux yeux des journalistes et, par conséquent, des amateurs. Vous remarquerez que l’opinion des premiers a souvent une grande influence sur celle des seconds. > Lire les commentaires sur cet article
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