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Peuple à genoux devant la race supérieure La liste de best-sellers du New York Times est la plus influente du monde. Dans des petits pays comme la Bulgarie, qui ont soutenu comme des moutons la guerre en Irak, les éditeurs les plus prospères ne publient que des traductions de livres anglophones puisés dans cette liste composée uniquement d’auteurs anglophones. Dans la liste de best-sellers du Times de Londres du 24 septembre 2005, soit en pleine rentrée littéraire, il n’y a pas un seul écrivain non anglophone. Louis de Bernières (écrit sans accent grave sur le E !), l’auteur de Birds Without Wings, est né en Angleterre et écrit en anglais. Qu’en est-il de la liste des best-sellers du Globe and Mail, le soi-disant plus prestigieux journal canadien ? Que des anglophones, encore une fois ! Maintenant, répétez 100 fois sans vous étouffer de rire : « Le Canada est un pays bilingue. » Cela vaut-il la peine de jeter un coup d’œil à la liste de best-sellers d’un quotidien australien ? Évidemment que non ! Regardons du côté de l’Allemagne en scrutant la liste de best-sellers du réputé magazine Der Spiegel. Toujours le 24 septembre 2005, sur les 20 titres que comptent la liste : 6 livres sont germanophones, 2 Français et les autres, anglophones. En France, la liste des 10 meilleurs vendeurs de la FNAC ne comptent que deux anglophones, J. K. Rowling et Paul Auster, les autres étant tous Français. Et au Québec, sur les 30 premiers titres du palmarès Renaud-Bray, on en compte 12 québécois, 10 français, 1 afghan, 1 espagnol, 1 brésilien et 5 anglophones. Et dire que ces tartuffes, journalistes et politiciens, qui nous rabâchent les oreilles en disant que les Québécois sont repliés sur eux-mêmes, sont partout dans nos médias ! Tout le monde sait que La Presse est fédéraliste et que la commission Gomery n’a pas ébranlé un seul de ses éditorialistes. Et ces gens-là continuent à dénigrer les nationalistes qu’ils appellent « les purs et durs ». Mais qui sont les vrais purs et durs ? Si la commission Gomery n’a pas suscité chez eux la moindre petite remise en question, j’ose parler de fanatisme. La Presse n’est pas seulement fédéraliste, elle est aussi pro-Commonwealth, pro-États-Unis. Je me souviens d’une manchette au sujet du joueur de tennis Tim Henman intitulée « L’espoir britannique ». Il faudrait être fiers de faire partie du Commonwealth ! Et, bien évidemment, il faudrait adorer les États-Unis, le plus grand allié de l’Angleterre. Il faudrait prendre parti pour Lance Armstrong, que le journal français L’Équipe a accusé de dopage, par « nationalisme nord-américain », comme l’a si piteusement affirmé Ron Fournier. En d’autres termes, c’est un tricheur, mais on va l’appuyer aveuglément parce qu’il vient du même continent que nous. Pour penser comme ça, il faut avoir eu un beau zéro en histoire ! On a perdu la bataille des Plaines d’Abraham et il faudrait se mettre à aduler ceux qui nous ont fait subir la défaite ! On le voit ci-dessus : les anglophones ne s’intéressent qu’à la culture anglophone. Il est facile de traduire un livre, mais les anglophones ne lisent pas de traductions. Faudrait-il que j’écrive des livres en anglais pour que les anglophones m’aiment ? Ça ressemble à « parle anglais ou meurs », ne trouvez-vous pas ? Selon la logique fédéraliste, si je suis fédéraliste, pro-Commonwealth et pro-États-Unis, je suis ouvert sur le monde. Si je suis nationaliste, je suis replié sur moi-même. Pourtant, je suis bel et bien nationaliste et, pour moi, ça veut dire que j’aime le Québec et sa culture et que je m’intéresse à toutes les autres cultures, y compris celle des anglophones. Il est intéressant de s’ouvrir aux autres cultures, mais il est important de soutenir la nôtre. Une étude réalisée par Alexandrine Foulon des Éditions HMH révèle que les journalistes québécois accordent un maigre 45,75 % de leurs articles et reportages à la littérature d’ici comparativement à 54,25 % à la littérature étrangère. Les pauvres aliénés culturels, qui rêvent d’être des Français de France ou des anglophones, ont leur tribune à Radio-Canada et à La Presse. > Lire les commentaires sur cet article
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