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CRITIQUE disques

Album éponyme de CéU et High des MadCaps
par Sylvain d'Auteuil-Robillard

CéU – CéU (Lcl Records)

Sous le charme. Simplement. Efficacement. Dans la fleur de l’âge, cette voix ? Incroyable… il faut la voir dans sa splendeur latine pour s’en convaincre. Car la douce voix tout en nuances de CéU envoûte au premier détour par une maîtrise étonnante.

Le premier opus de la Brésilienne se laisse écouter avec plaisir et ne lasse jamais avec ses rythmiques aux tendances traditionnelles sud-américaines et africaines, tout en laissant filtrer les influences modernes de sa jeunesse et d’un séjour à New York qui l’a marquée.

Plusieurs des premiers titres mériteraient de paraître sur les ondes radiophoniques pour nous bercer lors des canicules de juillet, jusqu’à ce qu’on tombe sur une adaptation de
« Concrete Jungle » de Bob Marley, admirable de fraîcheur. Et pour le coup de grâce, « Valsa pra bui roque » nous rend amoureux… juste avant que CéU nous laisse en plan avec
« Ave Cruz », joliment, sans qu’on puisse lui en vouloir, sur un air de funk tropical…

Il est bien d’assister à l’émergence d’une chanteuse qui préfère la liberté artistique d’un petit label, tel que Urban Jungle ― nom qui sied par ailleurs très bien à sa musique ― plutôt que de se laisser mettre en bouteille par une grosse boîte qui n’hésiterait pas à la « Shakiraser ». La presse spécialisée française l’a adoptée. CéU nous séduira à notre tour en 2006. (8,5/10)


Madcaps – High (Voxtone Records)

Il faut saluer le courage d’une bande de très bons musiciens rock qui ont réussi à composer des riffs et des mélodies accrocheuses pour un marché anglophone difficile. Surtout qu’au Québec, la chanson francophone est désormais (et c’est très bien ainsi) au goût du jour.

On sent les racines funk rock du quatuor de Trois-Rivières, apparemment très fort sur scène. Il y a ce je-ne-sais-quoi des Red Hot Chili Peppers sur certaines pièces, mais le tout est inégal dans le style.

Si l’on se fie à la très bonne chanson « No Way Out », on sent que la vague Coldplay a influencé, le temps d’une composition, les nouveaux amis du leader et chanteur des Madcaps, Frédéric Pellerin ― deux membres ont quitté le groupe entre les deux premiers albums. Par contre, sur
« Sad Situation » et la chanson titre, « Higher », on croirait de nouveaux hits livrés par Jonas. Il est donc un peu difficile de cerner une personnalité propre aux Madcaps. Par exemple, donnez l’excellente « No Communication » au groupe Aerosmith : avec l’ajout des simagrées vocales de Steven Tyler, c’est un tube digne du sommet du palmarès américain.

On parle quand même ici d’un band de pros qui va droit au cœur du rock. La dernière fois que j’ai entendu pareille énergie de la part de rockers québécois en langue anglaise, j’assistais à un spectacle de Too Many Cooks au Spectrum. Mais la compétition dans ce créneau étant ce qu’elle est, j’espère simplement qu’ils ne partageront pas le même destin… même si je n’ai rien contre les Pornflakes. (8/10)

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