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Barça contre Real ou le choc des Titans ibériques
par Zak Mirando

En Espagne, c’est bien connu ; le Real et le Barça sont les deux plus grands clubs rivaux de la Liga (championnat espagnol).

Dix points séparent actuellement le Barça du Real en championnat. Je vais vous expliquer en 10 points ces 10 différences ! Les Catalans sont à 13 jours d’une conquête de leur second grand titre de la Liga, après une sécheresse inédite dans l’histoire centenaire du club. Quant aux galactiques Madrilènes, ils sont sur le point de terminer une deuxième année blanche avec le onze le plus cher jamais réuni. Comme on le dit si bien : le bonheur des uns fait le malheur des autres.

STABILITÉ

Barça a eu 1 entraîneur en 2 ans ; Madrid, 4 en 10 mois
Frank Rijkaard a cimenté sa place sur le banc du Barça. L’équipe a souffert lors de ses débuts difficiles, mais dans sa seconde saison, elle est sur le point d’obtenir le second titre du club en cinq ans. L’entraîneur hollandais a encore un contrat de deux ans.

En ce qui concerne le Real, écarter Del Bosque pour des questions d’esthétique leur a coûté très cher. L’entraîneur ― qui a permis de conquérir la huitième et la neuvième Ligue des champions du club ― est plus mythique que ces successeurs. En 10 mois, le Réal a déjà eu recours à quatre entraîneurs : Queiroz, Camacho, García Remón, Luxemburgo et le dernier jusqu’à ce jour, Juan Ramón López.

L’ÂGE DES JOUEURS

Un Barça jeune et un Madrid vieillissant
Le « onze type » qui a maintenu le Barça en tête du championnat a une moyenne de 25 ans. La colonne vertébrale de l’équipe est une garantie de rendement à long terme : Valdés (23 ans), Puyol (27 ans), Deco (27 ans), Ronaldinho (25 ans) et Eto’o (24 ans).

Quatre titulaires du Real Madrid dépassent les 30 ans, dont Zidane, Roberto Carlos et Helguera, et d’autres sont à quelques mois de les atteindre, notamment Gravesen, Salgado et Beckham. La moyenne du onze galactique atteint les 29 ans.

On ne parlera pas de Luis Figo, car le Real s’est débarrassé de ses vieilleries tout dernièrement.

AMBITION

Les galactiques, 81 titres ; les Catalans, 28
De grands joueurs avec peu de titres. Exceptés Deco (huit avec Porto) et Eto’o, qui a miraculeusement offert la Coupe à Majorque, sans compter son or olympique. Ronaldinho et Belletti sont champions du monde. Ils n’ont aucun palmarès en club, et ils ont très envie d’en construire un.

Ils ont presque tout gagné et n’ont plus faim. Les galactiques totalisent 81 grands succès en club et en sélection, quatre Ballons d’or et des joueurs avec une très longue expérience.

ÉQUIPE

Les uns courent pour lui et les autres pour eux

On a pensé les renforts du Barça pour entourer Ronaldinho d’autres joueurs capables d’être décisifs, sans tuer l’esprit de l’équipe. La meilleure équipe est celle qui attaque le mieux et défend le mieux. Les chiffres le prouvent : 54 buts pour et 18 contre la saison passée.

Les chasseurs de têtes de Madrid recrutent et alignent des joueurs répondant à la fois à la nécessité sportive et mercantile. En ce qui concerne l’aspect football, Samuel et Woodgate en ont bien besoin : le premier n’a pas justifié son coût (20 millions) et le second n’a toujours pas joué à cause d’une blessure. Pour ce qui est de l’aspect marketing, Owen, Ballon d’Or remplaçant, est arrivé.

STYLE

Barça, un schéma de jeu ; Madrid, un jeu sans schéma

Rijkaard a pris un certain temps à mettre en place ses idées, bien qu’il ait, lors de l’analyse de son effectif, mis de côté certains clichés footballistiques. Il a pris le chemin du succès. Des années plus tard, le Barça est redevenu le Barça.

Les changements d’entraîneurs madrilènes ont permis d’augmenter l’anarchie dans une équipe qui est déjà libre par nature. Ainsi, Camacho est parti après trois matchs, on a viré García Remón et « Luxe ». Seul Del Bosque a mis un peu d’ordre dans ce capharnaüm.

ETO’O

Le « pichichi », symbole du grand changement
Eto’o symbolise le grand changement en championnat. Le Real l’a de nouveau sous-évalué l’été dernier, en prétextant qu’il n y avait plus de place pour des joueurs extra communautaires dans son équipe. Le Camerounais a signé pour le Barça, club avec lequel il est « Pichichi » (meilleur buteur) du championnat avec 18 buts.

Le rêve à moitié confessé de Florentino était de recréer au XXIe siècle le Madrid offensif des années 1950. Pour cela, il a réuni quatre ballons d’Or et deux aspirants à ce même titre. L’idée était  bonne, mais les joueurs vieillissent.

RÉGULARITÉ

Barça, victorieux à domicile et à l’extérieur ; Madrid, ils gagnent où ils peuvent
La valeur la plus forte du Barça actuel est son envie de bien faire les choses ; que ce soit à Albacete ou à Stamford. Les trois défaites en championnat et le K.O. européen ne sont pas arrivés par manque d’envie. En championnat, ils ont engrangé 58 points à domicile et 30 points en déplacement, ce qui démontre bien que l’endroit où ils jouent a peu d’importance.

La saison du Barça a mis les galactiques sous l’éteignoir, surtout après la dernière rencontre entre les deux clubs qui s’est soldée par une raclée « fabricado » en Barça (3-0). Mais une analyse plus froide permet de constater que le Real n’a que deux points de moins que le dauphin du championnat le F.C. Valence, et sa place en tête de la Liga pour cette saison fut bien éphémère.

MOTIVATION

L’objectif de Barça : la Liga et la ligue des champions ; celui de Madrid : limiter les dégâts
Le talon d’Achille du nouveau Barça est son manque d’efficacité dans les éliminatoires directes. Ils ont très vite été les champions de la ligue l’an passé. Cette année, l’équipe a clairement indiqué que pour cette saison, les objectifs sont le championnat et la ligue des champions.

C’est un secret inavouable : ce Réal vit de plus en plus mal au quotidien, car il est formaté pour les grands événements. L’Europe était l’objectif principal du club, et ils ont échoué. Le 2-1 contre le club de Mallorca, suivant le K.O. contre Arsenal, symbolise bien ce qu’est une équipe qui va mal.

PRESSION

Barça, cinq ans sans titre ; Madrid, deux années coûteuses sans titre
La génération des Xavi, Puyol et Gabri a une envie folle de gagner quelque chose de grand. Ainsi, l’unique succès que Xavi a remporté en tant que joueur du Barça (la Liga 98-99) ne lui suffit plus.

Certains jours, le Real croyait obtenir la victoire parce que le ciel l’avait décidé ainsi. La célébration de la dernière Liga gagnée par le club n’était que vanité. Son drame aujourd’hui est tout autre : avec l’équipe la plus chère de l’histoire du football, elle court vers une deuxième année blanche.

L’AVENIR

Barça, une équipe sans limites ; Madrid, un plan de retraite
Si tout se passe bien, la colonne vertébrale du Barça a encore de beaux jours devant elle. On a déjà fait tous les efforts pour renouveler l’équipe, et les responsables techniques de l’équipe s’attendent donc à un été plus calme que les précédents.

Le Real a prolongé le bail de ses galactiques sans regarder leur carte d’identité. Ainsi, Raúl (2010), Ronaldo (2008), Roberto Carlos (2007), Zidane et Beckham (2007) ont leur avenir assuré. Ce qui est par contre incompréhensible, c’est que Casillas, qui n’a que 24 ans, sera libre dans 15 mois.

Quoi qu’il en soit, la Liga prendra fin d’ici trois mois et d’ici là, les grosses pointures vont tout faire pour s’arracher la couronne du trône d’Espagne.

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