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Notre Afrique 31 mai 2006 Le mystère de Salome Ainsi, pour s'assurer un salaire plus décent, Salome Simon, 45 ans, prostituée depuis 20 ans, ne baise jamais avec un condom. Elle a couché avec 50 000 hommes dans un pays ravagé par le sida. On estime qu'entre 15 et 25 % de la population est séropositive. Parmi les prostituées, le taux est de 80 %. Salome reçoit en moyenne 5 ou 6 clients par jour. Les rencontres sont brèves - environ deux minutes - ce qui lui rapporte 7 000 shillings (111 $) par mois, un salaire convenable pour le Kenya. Mais Salome n'a jamais contracté le virus IH. Elle est immunisée contre le virus ! Le pourquoi et le comment pourraient apporter la réponse à un vaccin contre le sida. Le docteur Larry Gelmon est le coordonnateur d'une équipe canadienne de recherche qui étudie son cas qu'il décrit comme étant « déconcertant, énigmatique, exaspérant ». Salome se laisse étudier. Cela la fascine, dit-elle, de voir qu'on s'intéresse à elle. Elle avoue cependant s'être aperçue que ses amies tombaient malades et mouraient. Elle se demandait pourquoi rien ne lui arrivait. Le phénomène de l'immunité au virus du sida a été découvert à la fin des années 1980 par une équipe de chercheurs canadienne qui étudiait les maladies transmises sexuellement à Nairobi. Les chercheurs avaient remarqué qu'une infime proportion des prostituées du Kenya ne contractait pas le VIH, mais attrapait les autres maladies transmises sexuellement comme la syphilis et la gonorrhée. Leur immunité au VIH dépassait largement les possibilités statistiques de simple chance de ne pas contracter la maladie. Les chercheurs ont noté que « quelque chose » dans leur système était capable de reconnaître le virus et de le détruire. Mais quoi ? Comment ? Et surtout, s'il existe une immunité au virus du sida, pourquoi, se demande-t-on, le monde a-t-il pris tant de temps à se réveiller pour l'analyser ? On croit qu'il y aurait un lien génétique entre les femmes qui sont immunisées contre la maladie, mais cela n'expliquerait pas tout. Une des filles de Salome est récemment morte du sida. Autre fait bizarre, l'immunité dépérit et s'estompe si cesse l'activité sexuelle intense. Par exemple, certaines femmes dites immunisées ont pris des vacances pour aller visiter la famille. Au retour de leur congé de travail et à la reprise de l'activité sexuelle, elles ont contracté le virus. Le chef du projet à Majengo, le docteur canadien Frank Plummer, croit « qu'elles sont le mieux protégées quand leur système est constamment attaqué. Lorsqu'il n'y a rien à combattre, leur immunité tombe ». Autre point important : si le virus est introduit par voie intraveineuse par exemple, elles contractent le virus alors que par voie sexuelle, l'immunité persiste. Les médecins concluent, pour l'instant, que « l'immunité réside donc dans leur appareil génital. Le virus pénètre le corps, mais est détruit avant qu'il ne s'introduise dans le système sanguin. Normalement, en immunologie, le sang est ce que nous analysons en premier. Or, ceci fut peut-être notre erreur. Nous cherchons au mauvais endroit. Il n'y a rien d'anormal avec le sang de ces femmes. Mais peut-être y a-t-il une irrégularité dans leur vagin ». Des vingt femmes qui ont fait partie de l'étude, Salome Simon est la dernière survivante. Et comme elle a des enfants à nourrir, elle ne prévoit pas prendre de vacances… > Lire les commentaires sur cet article
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