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Cavalia : pour l’amour des chevaux…
par Alex D'Aragon

On trouve en Amérique des hommes qui, paraît-il, murmurent à l’oreille des chevaux. En Russie, c’est l’inverse : ce sont les chevaux qui murmurent à l’oreille des hommes… Les plus grands écrivains russes ont rapporté les confidences de ces chevaux bavards dans une « littérature hippophone » ayant pour titre Quand les chevaux parlent aux hommes, de la plume de Léon Tolstoï, Alexandre Kouprine et Carl Sternheim, ainsi que du Français Jean-Louis Gouraud.

Cavalia est le reflet de la relation particulière qui existe entre l’homme et les chevaux. À défaut de connaître les pensées secrètes des quadrupèdes, l’odyssée équestre Cavalia nous transporte dans un univers rarissime, à la rencontre du
« chuchoteur de chevaux », l’Européen Frédéric Pignon, et de sa compagne et entraîneuse, Magali Delgado.

Les vedettes de Cavalia sont incontestablement les 49 chevaux, desquels émanent la beauté, la grâce, l’agilité et… l’amour qu’ils portent à l’homme. On a présenté ce spectacle multimédia pour la première fois à Montréal à l’hiver 2003, chose qui ne se reproduira plus, promet Normand Latourelle, créateur de Cavalia : « Les températures hivernales sont à la fois problématiques pour les chevaux et les techniciens, qui doivent monter et démonter le chapiteau ». L’été dernier à Montréal, Cavalia avait fait 10 semaines à guichet fermé…

Si vous avez assisté comme moi aux spectacles précédents et que vous avez été conquis, une énième visite ne sera pas de trop, puisque Cavalia a bénéficié de quelques modifications, notamment l’ajout d’un écran d’eau sur lequel sont projetés des effets visuels de neige et de feuilles… Car on a voulu ajouter des saisons ! Les images ont beaucoup évolué grâce à une projection virtuelle sur un écran de 70 m, sous lequel les chevaux, danseurs, acrobates et cavaliers dansent et volent. Fait à noter, on a ajouté deux acrobates sur les trapèzes. En revanche, les acrobates reviennent trop souvent en cours de spectacle et leurs numéros se ressemblent. Ce qui nous intéresse par-dessus tout, ce sont les véritables vedettes : les chevaux.

Cavalia revient d’une tournée aux États-Unis et a atteint le million de spectateurs depuis 2003. Un succès phénoménal selon Normand Latourelle, qui précise qu’au début de cette tournée, l’objectif était de 26 villes. Mais la troupe n’a pu se produire que dans 13 villes parce qu’à chaque arrêt, on ajoutait des supplémentaires… Comme à Laval, où il y aura des supplémentaires, du 30 mai au 11 juin.

Cavalia, c’est avant tout un travail colossal… Pour dresser les chevaux montés avec une selle western, il faut environ deux ans de travail ; au moins six ans pour ceux en dressage classique (selle anglaise) ; et pour les chevaux en liberté, l’entraînement varie selon le cheval. Cela peut prendre entre 5 et 10 ans avant qu’ils acquièrent une liberté totale et une aisance en présence d’autres chevaux. Comme quoi la patience est une vertu qui se travaille !

Cavalia : sous le Grand Chapiteau blanc au Centropolis, Avenue du Cosmodôme, Laval, jusqu’au 11 juin.

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