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31 mai 2006

Québec célèbre ses Remparts tandis que Paris siffle ses Bleus
par Louis Sanchez Garon

Après 34 ans d’attente, les gens de Québec peuvent à nouveau célébrer leur équipe junior. Les Remparts de Québec ont vaincu, dimanche dernier, les Wildcats de Moncton, 6-2, en finale de la 39ième édition du Tournoi à la ronde de la Coupe Memorial.

Plusieurs ont critiqué la manière dont Patrick Roy s’est comporté durant la compétition qui se déroulait à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Roy ne s’est pas gêné pour déconcentrer l’adversaire en y allant de déclarations parfois musclées à l’endroit de certains joueurs. L’une de ses cibles privilégiées fut  le gardien des Wildcats, Josh Tordjman. Avant la partie entre Québec et Moncton, où le gagnant passait directement en finale, l’entraîneur des Diables Rouges a laissé entendre que Tordjman était mûr pour une contre-performance. Par la suite, il a ajouté que la foule de Moncton était beaucoup moins bruyante que celle de Québec.

Les déclarations de Roy avaient pour objectif de distraire l’adversaire et d’accaparer toute l’attention des journalistes. L’expérience acquise tout au long de sa carrière en tant qu’athlète lui a appris que les scribes font souvent preuve de paresse en se concentrant uniquement sur les vedettes plutôt que de scruter ce qui se déroule sur la patinoire.  

Durant le tournoi, aucun joueur des Remparts n’a fait l’objet d’une attention particulière de la part des médias. Ils n’avaient donc aucune excuse pour ne pas performer sur la glace.

Patrick Roy a donc remporté son pari. Ses meilleurs joueurs ont pu performer comme ils se devaient pour l’emporter. Il ajoute donc la Coupe Memorial à son impressionnante collection de trophées et perpétue ainsi sa réputation de gagneur. On peut toujours lui reprocher la manière employée pour arriver à ses fins, mais un palmarès comme le sien ne s’acquiert pas sans écorcher quelques adversaires au passage.   

Les Bleus sifflés au Stade de France
Le public parisien s’est encore montré impitoyable à l’endroit de ses Bleus. Comme à son habitude, il ne s’est pas gêné pour siffler ses favoris lors d’un match amical face au Mexique, présenté samedi dernier au Stade de France. Les sifflets et les hués n’ont cessé de fuser à l’endroit de certains joueurs qui ne semblent pas avoir la faveur du public français. Parmi eux, on retrouve le gardien de but Fabien Barthez qui, malgré des états service fort impressionnants (champion du monde 1998, champion d’Europe 2000), n’arrive toujours pas à trouver grâce au yeux des supporters.  

Depuis le temps, Barthez s’est sûrement fait à l’idée que sa sélection au sein des Bleus ne ferait jamais l’unanimité. Mais ce qui est le plus inquiétant dans tout ça, c’est que malgré les succès remportés par l’équipe de France au cours de la dernière décennie, la grogne n’a jamais été aussi grande, en particulier au Stade de France.  

Alors comment expliquer l’impatience dont font preuve les partisans de la Ville lumière à l’endroit de leur sélection nationale ? Il faut savoir que le sport sert régulièrement d’exutoire au peuple afin que celui-ci puisse apaiser ses nombreuses frustrations. Les sifflets dont sont l’objet les joueurs de l’équipe de France sont largement motivés par un mécontentement généralisé au sein de la population.  

La France va mal. La classe politique s’enlise dans les scandales. L’économie vacille avec un taux de chômage qui est parmi les plus élevés en Europe. L’incapacité de l’État à intégrer ses immigrants à la vie économique fait en sorte que les banlieues s’enflamment.

La lutte fratricide que se livrent le premier ministre Dominique de Villepin et le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy n’est rien pour améliorer la situation. Elle donne l’image que leur avenir politique prime sur les intérêts de la population. Les Bleus sont les seuls à pouvoir contrer cette morosité qui affecte le pays. Sur eux reposent l’espoir de tout un peuple dont la fierté ne cesse de se tarir.

La France Black-Blanc-Beur a échoué. La population à l’impression de s’être fait flouer par leurs politiciens qui n’ont cessé de faire de la récupération politique avec succès de la sélection nationale. Près de 10 ans après la victoire de 1998, il ne reste plus rien de cette époque où tous les espoirs étaient permis alors que la France était plus unie que jamais.

Cette chronique est ma dernière. Malheureusement, l’aventure du Mir doit s’arrêter de façon abrupte. Avant de vous quitter, je tiens à vous remercier pour vos commentaires et vous dire que ce fut un immense plaisir d’écrire pour chacun d’entre vous.  

Au plaisir,

Louis Sanchez Garon

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